Oui, bonne et heureuse année à chacun d'entre vous où que vous soyez dans le monde!
Que 2008 vous réussisse et voit vos souhaits se réaliser ...
Nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes. Noël fut très joyeux en compagnie de Peter et Vonnie et leurs amis australiens. Le 1er de l'An, quant à lui,
fut surprenant, rigolo, chaud et très Outback comme vous pouvez le lire dans le récit de Jan. Bonne lecture et à bientôt,
Cheers,
Chris
Ce n’est pas si loin, Longreach !
C’est là que nous avons décidé de passer d’une année à l’autre. Attrait de l’outback, désir de rouge, changement et surprises, tout un programme.
Reprenez votre carte et regardez à 1100 km au nord-ouest de Brisbane. C’est encore plus loin que Charleville, mais pour nous les aviateurs, c’est une ville
mythique : c’est là qu’est née la QANTAS.
Au programme donc : visite du musée QANTAS, visite du Stockman Hall of Fame ( le musée des cow-boys
pour faire vite), balade sur la Rivière au soleil couchant, réveillon australien.
Super chouette comme programme.
Un coup de Dash 8-400 (pour les initiés, c’est celui qui se casse la gueule à chaque atterrissage chez SAS, pouf-pouf) et en deux heures et quelques nous voilà à pied d’œuvre.
La dame de chez Budget arrive pour nous donner les clés de la voiture : imaginez 150 kg de saindoux, recouverts de couperose, le tout uniquement dans le
sens de la largeur ! Aussi gentille et lente que parfaitement incompétente, un vrai régal. Heureusement qu’il n’y a personne derrière nous et que nous n’avons rien de spécial à faire
si ce n’est nous changer les idées.
Direction l’hôtel pour poser les sacs et nous voilà sur la route direction nulle part, juste pour humer l’air du temps. 30 km en ligne droite plus tard, après
avoir admiré les panneaux de signalisation percés à coup de très gros calibre(ils doivent quand même s’ennuyer grave par ici pour défourailler autant , d’autant que vu les impacts, c’est de
l’automatique…)
La nuit tombe vite, on se remet en route vers un restau, vague gargotte à Barbies…dans la rue jouxtant celle de notre hôtel. Barbies ? les barbecues, qui sont ici
une authentique religion. Evidemment pas au feu de bois, ni au charbon de bois, mais au gaz (ça retire beaucoup au charme de la viande cuite au feu…)
C’est en général pas très mangeable, cuit comme les godasses de Charlot dans la ruée vers l’or, mais les gens sont gentils, souriants, obèses !
L’obésité, on en parle beaucoup à la TV, mais les doses de tout ce qui se mange sont toujours pantagruéliques, tout est hyper sucré, le soda coule à flot… Tout cela n’est pas
très cohérent !
L’araignée que j’écrase dans la chambre n’est pas plus grosse que ma main, mais comme dans les expos et les musées on nous explique que certaines sont
mortelles en moins de 30 secondes, d’autres en une heure, je ne lui laisse pas sa chance. D’ailleurs même si je savais les reconnaître, je lui aurais quand même demandé de déguerpir, car même
inoffensives, elles sont très impressionnantes.
31 décembre, réveil juste après 8 heures. Dommage, ici, le breakfast s’arrête à 8 heures. Normal, c’est les vacances d’été, c’est la période de Noël, c’est là
que les gens prennent leurs vacances, donc tout est fermé !
Allez, direction le musée de QANTAS. C’est là qu’en 1920 tout a commencé…avec quelques vagues biplans à peine plus gros que notre
Bücker. Et ça ne s’est jamais arrêté. Le succès rapide et subventionné ensuite. Queensland And Northern Territory Aerial Services. Le musée est l’exemple de ce qu’il faut faire, c’est une
réussite. Vaste, dégagé, attractif, simple, didactique, avec deux points forts : un vrai Boeing 747, et un vrai Boeing 707 côtoient un vrai DC3. La visite des deux Boeings est l’attraction
et l’on vient de loin pour ça. Ils sont arrivés tous les deux en vol et il n’est pas exclu que le 707 (mon chouchou) reparte en tournée en Australie, au gré des Airshows.
L’après midi, nous allons en face de l’autre coté de la route au musée des «cow-boys », l'Australian Stockman's Hall of
Fame.
C’est aussi un musée très bien fait, où l’on peut voir la vie ô combien rude et dure des débuts des blancs en Australie, la vie des gars de la laine, l’éloignement, la
sécheresse.
Comme dans bien d’autres musées et expositions, les aborigènes n’existent pas ou si peu… Curieux pays qui se méconnait, se repent,
mais ne change pas sur le fond, semble coupé en deux .
N’empêche qu’il est vachement chouette le chapeau que je colle sur ma tête. Un vrai de vrai, et pour une fois j’ai pas trop l’air toc avec mon bibi sur le
crâne.
Bon, c’est pas le tout, c’est 31 décembre et nous avons prévu une « croisière » sur la Thomson River. Ramassage à l’hôtel à 17h30. On est prié
d’apporter sa boisson, le repas est prévu à bord, mais l’exploitant n’a pas notre licence IV et ne peut servir d’alcool. Nous partons donc en Autocar, avec les commentaires amusants et très
accentués du chauffeur guide, exploitant du bateau etc.
Il a tellement plu au pays de la sécheresse, que la Thomson river est grosse, boueuse, et parfaitement navigable.
Le bateau est une barge à moteur, avec un étage-terrasse sur lequel nous nous installons. Et le voyage commence. Pendant deux heures nous allons avancer
mollement au milieu d’une sorte de bras de rivière couleur chocolat, il paraît même que nous allons voir une tortue. Si, si ! c’est notre hôte qui le dit. Les filles du patron et quelques
acolytes nous servent des amuse-gueules sur un grand plateau. Ma foi, c’est plutôt bon enfant et très agréable de se laisser bercer en regardant avec des grands Oh et des grands Ah, les quelques
oiseaux qui ont leur nid sur la rive ou sur les arbres. Le soleil descend mollement, lui aussi, pendant que le champagne Australien nous est servi( il y a une exception pour ce soir, et en plus
comme tout le monde, nous avons notre bouteille à nous, non mais !). Nous y allons mollo sur les zakouskis, parce que sur le prospectus, il y avait écrit « Dinner ». Donc
nous gardons de la place.
Il faut bien dire que le paysage est marquant, le ciel est rouge, notre visage aussi au bout de 3 coupes, et chacun retient son souffle quand le soleil fond à
l’horizon, tandis que tout le monde s’esbaudit sur la tortue de service qui a bien voulu venir manger les quelques miettes de pain que d’aucuns lui jettent. C’est beau comme du Becker, les
enfants du Marais ne sont pas loin !
Retour à l’embarcadère, un feu brille sur la rive, Christine ose croire que c’est le barbecue qu’on nous prépare ! Cette croyance naïve est de courte durée,
nous embarquons à nouveau dans le bus et à 19h30 on nous jette à notre hôtel. Un peu dépités et affamés nous allons pédestrement vers la rue principale (Eagle street, si, si !). C’est les
vacances, c’est la Saint Sylvestre, la fête doit battre son plein.
Las, il faut bien avouer que les 4 lampadaires de la rue éclairent parfaitement les rideaux baissés des restaurants et autres lieux de vie. Certes, le
chinois est ouvert ( le chinois est tout vert mais où y en a-t-il de fermé à travers la planète ?).Mais bon un réveillon aux nem’s congelés, j’avais vu ça autrement. Ah, si un bar est
ouvert. C’est crade à souhait, la musique n’est pas avare de décibels, il y a là les traine savates habituels. Allez, une bière pour faire passer un paquet de chip’s et puis une autre pour voir
si la première est bien arrivée en bas.
Retour à l’hôtel pour regarder quelque ânerie à la télé (c’est pas dur, c’est entre les pub’s, elles mêmes criardes et kitchissimes à
souhait)
Mais on ne désarme pas une nuiteuse comme Christine comme ça. Vers 23h45 retour dans la rue toujours aussi vide, nos pas nous emmènent vers « le » bar
de Longreach (il y a pourtant plus de 20 hôtels et restaurants dans cette ville). Il y a un peu plus foule maintenant, les baleines de 130 kg, en jupe façon serpillère, arborent des tatouages
remarquables et remarqués( ici, on marque tout le bétail, c’est la meilleure façon de ne pas le perdre) et des piercing impressionnants. D’ailleurs ici, tout le monde est percé de partout, c’est
parfois un peu rebutant quand ça commence à puruler, mais bon !
Vers minuit, nous nous offrons notre enième bière ! quelqu’un hurle Five-four-three-two-one et deux trois personnes s’embrassent, youpi, on
rigole.
Finalement, plutôt amusés par la tournure des évènements, nous prenons la voiture et après 10 km, nous sommes sous une voute
étoilée de toute beauté, loin de toute lumière le ciel est majestueux et nous nous en régalons.
Le lendemain s’écoule paisiblement au cours d’une jolie balade vers les kangourous et autres animaux du cru.
Retour paisible vers Brisbane, avant une pluie battante et des nuages très bas.
Que 2008 vous trouve tous dans le même état d’esprit joyeux et amusé qui a été le notre pendant ces deux jours. Que 2008 vous apporte le plein de
découverte, de plaisir, d’amour, de rigolades. Avec une santé de fer et de la réussite dans ce que vous entreprendrez.
Et pour mes amis aviateurs : volez beaucoup, volez sans entraves ! Sous les pavés ? la piste de décollage qui vous emmènera au
bonheur.
Jan