impressions du sud

Publié le par chris&jan

Bon, la chef me demande de me mettre un peu au clavier pour vous en mettre une couche sur ce qui se passe ici.

Comme je ne suis pas le Paganini de l’insertion de photos, vous allez devoir vous coltiner du bla-bla.

En un mois et une dizaine de jours nous avons passé beaucoup de temps à découvrir la ville, à faire des virées en voiture, aujourd’hui en bateau, au large de l’ile Moreton, en face de Brisbane, pour voir les baleines. Eh bien figurez vous qu’on les a vues pendant deux heures et jusqu’à les toucher ! C’est tout simplement splendide et plutôt émouvant. Elles sont énormes, calmes, en paix dans cet endroit qui est sur leur route de migration, et heureuses de vivre. Le bateau s’approche tout doucement, laisse venir, équipé de moteurs et d’hélices très silencieuses et au bout d’un certain temps, les bestioles batifolent à quelques mètres du bateau. Seules ou par deux, voire quatre, elles longent le navire et rejettent dans le ciel l’air qui reste dans leur poumons après leur immersion. Je n’étais pas précisément venu en Australie pour voir ça, mais j’avoue avoir été comblé.

A la demande de ma blonde, je ne vous parlerai pas de « la » Captain Kerry qui dirige ce bateau et sur qui toute la publicité est fondée. Il n’est pas question ici d’évoquer ses jambes interminables, bronzées et soulignées par le port très habile d’un short d’uniforme bleu marine. Elle a le profil de Kim Basinger, mais personne n’aura 8 semaines 1/2 à lui consacrer… Organisation sans faille, sourire parfait, paysages de rêve, animaux coopérants, bref que du bonheur.

Bon, l’Australie, puisqu’on en parle : l’occident avec tous ses défauts aux portes du désert préhistorique, mais l’occident avec toutes ses qualités aussi.

L’efficacité des services administratifs que ce soit dans les banques ou dans les bureaux de l’immigration, dans les queues de magasin, ou dans le train, voire le bus ou le bateau que nous empruntons souvent pour aller en ville, nous ont vraiment énormément plu.

L’architecture est plaisante, nous adorons les maisons du Queensland, sur pilotis, style très colonial, en bois ajouré, avec des peintures souriantes. Jusqu’au bord de l’eau on se croirait en Angleterre. Mais tout redevient effroyablement laid dès qu’il s’agit de quitter la ville. 50 km au moins de supermarchés et autres pourritures de zones commerciales ou McDo se taille la part du lion.

La compagnie ? une petite boîte grandie un peu vite ces derniers temps, qui se lance dans le grand bain des avions un peu plus gros que les avions de fret de nuit et de petits charters qu’elle met en œuvre depuis 25 ans.

Il y a des mécanos, des gens qui font de la paille, des gens aux OP’s, mais le tout en tellement trop peu, que tout le monde fait un peu tout. J’ai occupé mon temps jusqu’à présent à venir mollement au bureau faire de la présence polie et des travaux de préparation pour l’exploitation de l’ATR, car en fait je travaille plutôt à la maison avec Christine qui d’une main de PIGIER met en forme sur clavier toutes mes élucubrations. Et ça marche ! notre travail est finalement sur les fonds baptismaux et une forme écrite et agréée va bientôt en sortir…

Et aujourd’hui, j’ai reçu ma licence provisoire. Je vais donc pouvoir enfin partir astiquer la « laitière » dès lundi j’espère. Je l’ai fait sur le jump-seat il ya 15 jours et honnêtement, c’est crevant. Ca ressemble à ça : Brisbane départ à 22 heures, Sydney deux heures plus tard, ras la gueule de marchandise (il va falloir se battre pour que la charge marchande nesoit pas favorisée au détriment du fuel donc de la sécurité. Ici, la pression du client est énorme. C’est rigolo le libéralisme, sauf que quand y’a pas de règles, y’a de la casse et quand y’a des règles, certains ont peur de les appliquer par peur d’être virés ; donc c’est comme si il n’y avait pas de règles).

On reste 45 minutes à Sydney pour décharger-recharger et mise de cap vers Melbourne. 1h50 de vol et là on reste 30 ou 40 minutes pour remettre du pétrole dans le bouzin, refaire du gras de marchandises et hop cap vers Adélaïde, encore 1h30 de vol.

Entre Melbourne et Adélaïde, on change de fuseau h oraire et on rajeunit de 30 minutes (ah, les braves gens !)( je te raconte pas le merdier sur la paperasse, les filles au bureau s’arrachent les cheveux, j’ai donc demandé à ce qu’on travaille tous en temps universel, ce qui est logique dans un avion, mais improbable dans un bureau : quand il est 3 heures du mat’ à ta montre heures de Brisbane, il est 17 heures UTC. En pleine nuit ça dérange un peu, et les nanas du bureau ça les rend folles).

Le jour va se lever à Adélaïde quand on arrive soit à l’hôtel, soit à la maison de la compagnie (que je n’ai pas encore vue) où paraît-il chacun a sa chambre.

Bon, moi je suis allé m’écrouler dans mon hôtel, et réveillé deux heures plus tard par les hurlements du gamin de la chambre d’à coté, je me suis encore un peu cogné aux murs pendant une heure. Puis je suis sorti en quête d’un repas. Je me suis retrouvé dans une grande avenue sinistre, large comme la place du marché de Cracovie, déserte, avec des bâtiments  qui ressemblent à des entrepôts. Et zut, râlai-je in petto, ils nous ont encore mis dans une zone industrielle  aéroportuaire sans âme (c’est un nez-au –plasme, je sais).

Eh, ben non, c’est le centre ville, je le verrai dans quelques instants sur un plan, le musée est à 800 m à peine. Mais je suis trop crevé pour y aller ! Et tout à coup, une vitrine, un drapeau français, une adresse « la guillotine » et une carte à faire chavirer. J’entre et c’est Yves Montand qui chante, Piaf et ses rengaines, mon cher Francis Lemarque et son répertoire à tomber. Certes on n’est pas à Adélaïde pour se complaire dans une certaine Francitude, mais les rognons de veau  juste rosés, la tare fine, faite sous mes yeux et la part de Brie (de Tasmanie, mais presque correcte), le tout avec une baguette faite maison, ça vous réconcilie avec l’existence. Car il faut le dire, le vin Australien est excellent mais tout le reste est IGNOBLE. Il y a des champs de blé, mais personne ne sait faire le pain, des moutons, mais personne ne les cuisine, des veaux et des vaches partout  des Salers souvent) mais la carne est infecte, dure comme du bois et traitée contre tout… Les fruits restent sur la table et brillent pendant deux mois tellement ils sont traités aux produits les plus beurk. L’obésité est visible, criante, surtout chez les mômes.

Et le soir nous repartons dans l’autre sens, mais c’est plus facile et plus court. Décollage à 20h15 d’ADL et cap direct vers Sydney. Il y en a pour 2h50 de vol. En dessous, c’est très noir, pas de ville, que de la montagne et du vide. Nous quittons Sydney pour Brisbane vers minuit et arrivons à BNE à 2h20, mais restons dans l’avion pour surveiller le déchargement, car par mesure d’économie, il n’y personne pour prendre l’avion en charge, il n’y  a pas d’assistance sol et donc pas moyen de tout  couper et d’aller se coucher( alors on dépense en fuel tout ce qu’on avait économisé en volant avec des règles curieuses-et idiotes- de vol en régime économique) que les aviateurs intéressés me demandent ce que ça veut dire et je leur sortirai les courbes d’exploitation . Mais bref, c’est un peu concon !

Il y a un mécano français,  français dans toute sa splendeur : râleur jusqu’à la caricature, mais efficace et polyglotte (avec l’accent français à couper au couteau, mais ça marche)

A la compagnie, quelle que soit la saison, la clim est à fond et on se les GELE dans ces bâtiments,  c’est pas croyable. Vers 13 heures, chacun sort sa gamelle, qui sur son bureau, qui dans la salle de repos et tout le monde pique-nique, le MUG réglementaire à la main.

Voilà pour aujourd'hui. La suite, après notre séance de ...vol à voile demain...!

Jan

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doutremepuich cecile 16/10/2007 09:40

juste pour te passer un petit bonjour

Olivier (l'éditeur) 17/09/2007 14:52

Kim Bassinger, c'était 9 semaines et 1/2, pas 8,5 ;-)

Guillaume 15/09/2007 10:40

Salut tous les deux.

Tous d'abord, il va falloir me rafraichir la mémoire : Paganini, c'est bien le demi d'ouverture du XV de France, à l'époque où Gilbert Becaud etait demi de mélée?

Content de voir que tout va bien, que malgré la bouffe infecte (l'horreur!!!), il y a de quoi s'emerveiller en Australie.

Pour les soucis aéronautiques... garde tes courbes Jan. Je ne connais que deux positions à une manette de gaz : "tout réduit", ou "au tableau, plein PC crantée" (surtoput sur ATR, avion connue pour sa post-combustion démoniaque).

Christine, surveille bien Jan, rappel lui de mettre un peu moi de charge marchande et un peu plus de pétrole (avec des marges (dont l'unité est le Simpson), des marges de marges, lesquelles sont surmargées,...)

Amusez vous bien, faites de beau vols, en ATR, en avion leger, en ATR, en planeur, en condor royal,...

Bises.

Guillaume